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Nina Faure et Pierre Carles étaient venus en Équateur pour comprendre les recettes antilibérales d’un président qui ne sera pas candidat en 2017. Ils montrent un pays en ébullition.

Rafael Correa, économiste de formation, a été élu président de l’Équateur en 2007. Pendant que le discours de l’austérité lie les mains de nombreux gouvernements, il s’engage à contre-courant, dans une politique antilibérale. Les résultats suivent. La pauvreté baisse de vingt points, les inégalités reculent. Le pétrole représente 70 % des exportations et permet de financer le modèle social. Le documentariste Pierre Carles avait réalisé un film sur lui en 2015, s’intitulant Les ânes ont soif, interrogeant les médias sur leur silence à l’égard de cette expérience. On revient de loin, coréalisé avec Nina Faure, en est la suite.

En 1999, les politiques ultralibérales provoquent une grande crise bancaire dans le pays, suivie d’une dollarisation de leur économie. L’Équateur passe alors du 72e au 91e rang mondial en termes de pauvreté. En 2008, Rafael Correa fait adopter, après un processus impliquant les citoyens, une nouvelle Constitution novatrice et pacifiste. C’est la première fois de l’histoire que l’on reconnaît des droits propres à la nature. Un principe de citoyenneté universelle est reconnu, ce qui fait de ce pays un des plus accueillants avec les étrangers. Les dettes sont considérées illégitimes si elles nuisent au bien-vivre du pays. Ainsi, l’État équatorien a refusé de payer une partie de sa dette et a pu mener une politique d’investissement dans la santé et l’éducation. Et le pétrole, dont 85 % des bénéfices allaient dans les poches de multinationales, a été renationalisé, si bien que leur part n’est plus que de 15 %, le reste sert donc au pays. Tout n’est pas rose pour autant. Les réalisateurs découvrent un pays en tension. Les reproches fusent sur la méthode autoritaire de Correa, les rues s’embrasent. À l’approche des élections de 2017, auxquelles Correa ne sera pas candidat, le pays est en ébullition. Et s’interroge sur son avenir politique. Les auteurs s’interrogent eux-mêmes dans ce film réussi qui donne à voir une situation méconnue.                                                                                                                  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source: l'Humanité